BB
26000 "SYBIC"
La dernière née des BB
de la SNCF (avant la sortie de la série 36000, soeur aînée des Type 13 de la SNCB) est
surnommée "Sybic", soit "Synchrone" pour son moteur et
"Bicourant" pour son système d'alimentation. Elle est la concrétisation d'une
longue attente, celle de la locomotive universelle, qui peut tout faire, mais absolument
tout, des trains de marchandise les plus lents jusqu'aux trains de voyageurs les plus
rapides.
L'histoire de la traction
montre que la spécialisation rend complexe l'exploitation et la gestion d'un parc très
diversifié (locomotives de marchandises ou pour trains de voyageurs, rames de banlieue ou
automotrices ou encore automotrices rapides comme le TGV, ...), et que le matériel reste
souvent sous-utilisé. Voila pourquoi on a recherché la polyvalence totale, avec un
matériel le plus universel possible, tant pour simplifier à l'extrême l'exploitation
que pour rentabiliser au maximum le matériel.
Du temps
de la vapeur, pour des raisons techniques, il fallait construire des locomotives
spécialisées, un handicap dont héritèrent les locomotives électriques du fait de
leurs moteurs. C'est donc dans un souci de polyvalence que l'ingénieur Fernand Nouvion
proposa une solution nouvelle dès la fin des années 50 : doter les locomotives
électriques a bogie monomoteur d'un système d'engrenages permettant d'obtenir deux
rapports, un court pour les trains de marchandises et un long pour les trains de
voyageurs. Entre 1958 et 1969, une dizaine de séries de locomotives reçurent ce
perfectionnement, qui leur donna deux gammes de vitesses : l'une située vers 90-100 km/h,
l'autre située aux alentours de 140 voire 200 km/h et plus... Le changement de rapport se
faisant à l'arrêt, il ne s'agit donc pas d'une "boîte de vitesse" comparable
à celle d'une voiture classique. Mais ce système fut hélàs abandonné pour des raisons
de complexité et de coût d'entretien.
Le moteur sans
collecteurs : la solution polyvalente...
Connu
depuis les débuts de la traction électrique, ce moteur n'avait jamais pu être adopté
avec succès. Et pourtant, il était excellent dans la mesure où l'absence de collecteur,
donc de point d'usure, le destinait particulièrement aux longs parcours ferroviaires. Si
le moteur asynchrone a pu trouver des applications industrielles ou sur certaines
automotrices légères, le moteur synchrone, lui, trouve enfin une possibilité
d'application grâce à l'électronique qui permet, à partir de signaux captés sur son
arbre, de "piloter" le moteur. Essayé sur diverses locomotives puis sur le TGV
PSE (Paris Sud-Est) n° 88, le moteur synchrone triomphe enfin, depuis 1988, avec la BB
26000 "Sybic" et le TGV "Atlantique".
Caractéristiques
techniques :
Longueur : 17.71 m.
Masse : 90 t.
Vitesse : 200 km/h. |
Puissance : 5600 kW
Courant : 1500/25000 V
Nbre de moteurs : 2
Transmission : cardans. |
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