Les Autorails type 44 - 45 de la SNCB.
Lorsque le programme des
autorails 43, 44 et 45 fut mis en route, les chemins de fer Belges connaissaient l'une des
plus grandes crises de leur existence. Depuis la libération, le déficit n'avait cessé
d'augmenter, passant de 435 millions de francs belges en 1945 à près de 3100 millions en
1949, et s'aggravant encore ensuite... Le ministre des Communications de l'époque, Mr
Segers, donna une conférence de presse alarmante : Les reçettes étaient en baisse,
surtout concernant les voyageurs dont le pouvoir d'achat avait fortement baissé et qui se
tournaient vers les transports routiers. Le transport voyageur enregistrait une chute
d'environ 3 % par an, tandis que celui des m archandises enregistrait
une chute de 5 % par an. La chute des recettes était principalement due au maintien des
tarifs à un prix très bas. Les dépenses étaient en hausse : augmentation des salaires,
des charges sociales surtout... Seule une diminution des dépenses de combustibles
apportait une note d'espoir, ceci grâce à l'augmentation du rendement et de la qualité
des locomotives. Une politique de relèvements tarifaires, de réduction du personnel et
de construction de matériel économique (tiens, déjà à l'époque on parlait de
restructurations à la SNCB ???) redonneront progressivement (mais pour combien de temps)
sa stabilité financière à la SNCB.
Ces trois
séries d'autorails, très proches, sont construites entre 1945 et 1955 pour la desserte
de ligne secondaires ou pour des relations omnibus sur les lignes principales non
électrifiées. Un dessin très classique mais cependant fonctionnel, des performances
suffisantes mais cependant bien supérieures à celles des trains omnibus à traction
vapeur, une éco nomie des
coûts d'entretien et de traction remarquables caractérisent ces engins. Les caisses des
autorails 43-44-45 furent construites par la firme Germain de Montceau sur Sambre, tandis
que les moteurs étaient fournis par la General Motors et les transmissions hydrauliques
par la firme allemande Voith (choix classique à la SNCB). Les autorails de la série 44
ont un bogie à deux essieux moteurs et un bogie porteur tandis que ceux de la série 45
ont deux bogies identiques à un essieu moteur et un porteur. Amplement vitrées, les
caisses des trois séries sont identiques et comportent deux portes d'accès sur chaque
flanc, permettant un mouvement rapide des passagers lors des arrêts en gare; lesquels
sont nombreux sur le réseau Belge. Perdre deux minute dans chaque gare, en
effet, pourrait sensiblement allonger la durée totale d'un trajet (p. ex., sur Liège -
Waremme, cela allongerait le trajet d'environ 1/4 d'heure). Certains autorails de la
série 44 ainsi que la totalité des rames de la série 45 sont gérés par l'Atelier de
Stockem et roulent principalement sur la ligne de Dinant - Bertrix - Libramont et
Libramont - Bertrix - Virton St Mard. (Plus pour longtemps, hélàs, car la SNCB
électrifie à tout rompre dans la région). D'autres rames de la série 44 sont basées
aux ateliers de Merelbeeke et circulent sur les ligne Alost-Burst, Eeklo - Gand ainsi que
sur Renaix. Ces rames peuvent toutes rouler avec des remorques, et mpeme former des
compositions à 4 caisses avec deux autorails encadrant deux remorques. A chaque passage
en atelier, pour les grandes révisions, les autorails échangent leur livrée rouge et
jaune pour la nouvelle livrée bleue sombre et jaune vif avec bandeaux blancs, beaucoup
plus voyante. Formant une série relativement peu importante, ces autorails sont pourtant
très appréciés du personnel roulant pour leur grande robustesse et, en dépit de leur
âge déjà avancé, les autorails 43-44-45 ont encore de longues années devant eux,
jusqu'à leur remplacement par les nouvelles rames de la SNCB, basées sur la caisse de la
voiture I-11.
Caractéristiques techniques :
Type : B2(44) ou 1A-A1 (45)
Moteur principal : diesel 6 cylindres en ligne
Puissance : 236 kW |
Transmission : hydraulique * Places :
93
Masse : 54.4 t (44) ou 54.2 t (45)
Longueur : 23.8 m * Vitesse maxi : 100 km/h |
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