| CC 1800 de la SNCB.
Elle a été la locomotive de l'Europe des
années 1960 et devait, comme ses soeurs françaises identiques que sont les CC 40100,
circuler sous quatre s ystèmes
d'alimentation différents, en emmenant à 240 km/h les hommes d'affaires pressés des
luxueux trains climatisés.La réatité fut légèrement différente. Il manqua un vrai
esprit européen pour construire le réseau à grande vitesse qui démarra enfait dans les
années 1990 avec l'Eurostar. Dessinées extérieurement par Paul Arzens, ces locomotives
quadricourant sont construites en 1964 par Alsthom et Jeumont, mais à peu d'unités.
Dotées de deux moteurs pesant chacun 7,5 t et de 1835 ou 2240 kW fonctionnant sous 1500 V
quel que soit le courant à la caténaire, ces machines sont donc puissantes: les 3670 ou
4480 kW annoncés les placent en tête des puissances pour leur époque. Elles sont
dotées de deux rapports de marche donnant 160 ou 240 km/h en vitesse de pointe, mais,
dans les faits, jamais les lignes à grande vitesse qu'elles auraient méritées ne seront
construites ou aménagées. En fait, elles ne dépasseront guère le 160 km/h sur les
lignes classiques françaises et belges, ne circulant même pas sur les réseaux allemand
et hollandais. Elles n'ont donc jamais vraiment remorqué les grands trains européens
devant rouler à 240 knvh pour lesquelles elles étaient conçues. Elles sont venues trop
tôt. En 1964, l'Europe n'était pas encore concrètement dans les esprits ni dans les
préoccupations quotidiennes des hommes d'affaires. Du reste, on ne songe qu'à l'avion ou
à l'automobile sur autoroute pour les déplacements quotidiens en Europe: le chemin de
fer passe pour dépassé, et les économistes prévoient sa mort lente. Si les locomotives
à vapeur ou diesel peuvent circuler n'importe où en Europe, qui offre des voies au même
écartement standard de 1435 mm, les locomotives électriques restent prisonnières de
leur système d'électrification. Chaque pays européen a adopté des systèmes et des
courants différents dans la mesure où chacun a électrifié son réseau à des périodes
différentes de celles de ses voisins, ce qui dictait des choix technologiques autres en
fonction des progrès réalisés. L'Allemagne et la Suisse, pionniers dans ce domaine
avant 1914, ont choisi le courant monophasé 15 000 V à fréquence spéciale 16 2/3,
suivies par les pays scandinaves. La France a choisi le 1500 V continu pour ses grandes
électrifications des années 1920 et 1930, puis, après la guerre, a entrepris ses
nouvell es électrifications du Nord et de l'Est en 25
000 V monophasé 50 Hz. La Belgique a choisi le 3000 V continu, et la Hollande le 1500 V
continu pour leurs électrifications de l'entre-deux-guerres et ultérieures. Il faut donc
changer de locomotive aux "frontières" des systèmes électriques, ceci dans
des gares de commutation dont les voies peuvent être basculées vers l'un puis l'autre
des systèmes: les locomotives manoeuvrent pantographe levé, ou baissé, et poussées par
un locotracteur, selon la position de la commutation. La locomotive polycourant est
apparue comme une solution complexe mais efficace durant les années 1960, et les réseaux
français et belge ont même adopté un type commun pouvant, sous 4 systèmes différents,
rester en tête de son train entre Paris et Amsterdam. C'est la CC 40100 française ou
type 18 à la SNCB(les types 18 furent construites à 6 exemplaires seulements,
étant numérotés 1801 à 1806)
Caractéristiques
techniques :
Longueur: 22,03 m
Masse: 108 t
vitesse: 160 à 240 km/h
puissance: 3670 à 4480 kW
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